Où en sont les glaçons?

J’ai envie de parler de déchets, d’agriculture, de vie saine, de changements, de choix et de prise de conscience. Je l’écrivais il y a peu: une multitude de lectures, films et pièces de puzzle ont commencé à s’assembler et aujourd’hui le dessein s’élargit encore. Je suis peut-être animée de cette envie, propre aux jeunes gens de 25 ans, de révolutionner le monde et cette fausse énergie finira peut-être par s’estomper et tomber dans les oubliettes du conformisme. Pourtant, j’ai l’impression de faire partie de quelque chose de plus grand. J’ai l’impression que je participe à une prise de conscience à plus grande échelle. Je voulais que l’oncle Marcel se réveille mais je me rends compte que c’est une planète entière qui a entamé le processus. Et les technologies actuelles permettent d’interconnecter, de diffuser de disséminer les clefs de ce réveil. Certains penserons que je suis juste en train de surfer sur la vague post-Demain-le-film mais je sens que ce n’est pas ça. Certains utiliseront des qualificatifs tels que bobo, écolo, utopiste, rêveuse ou penseront même que je suis carrément à côté de la plaque, que ce n’est pas ça, la vraie vie. Mais ce n’est pas grave, je leur répondrai en citant Jean de la Fontaine, parlant du renard face à des raisins mûrs à souhait mais hors de portée:

« Fit-il pas mieux que de se plaindre? »

 

J’ai envie de me battre sur tous les fronts à la fois. J’ambitionne de consommer mieux et plus durable. Quand bien même ma maison n’est meublée que de récup’ et d’occasions, j’ai le sentiment de ne pas en faire assez. Je démarre un potager et m’initie aux cultures associées et à la permaculture, je confronte les générations antérieures qui savent mieux que moi faire pousser choux et courges et qui me disent que « ce n’est pas comme ça qu’on fait un potager », que c’est du grand n’importe quoi et qui pulvérisent le leur à coup de Round up, « puisque c’est autorisé ». Je veux boycotter les grandes surfaces et la surconsommation de viandes dont on n’est même pas sûrs que c’en soit vraiment. Mais d’un coup, il fait beau, les invitations pour les barbecues fusent et on a vite fait de passer au Colruyt. Je veux arrêter de prendre autant la voiture, je vomis la conduite et le trafic et j’aime flâner dans les gares. Mais le service de trains mène la vie dure à ceux qui ont choisi de vivre à la campagne.

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Chaque jour est un combat face à mes habitudes et une lutte face à la culpabilité de n’en faire pas assez. Quand je regarde en arrière, je me dis que j’ai déjà posé pas mal d’actes et de choix qui me poussent toujours plus loin dans mon envie de changement, de refus du monde qu’on nous sert au quotidien. Mais la boulimie me guette.

Je perçois les mentalités humaines comme un bac à glaçons. J’aime cette image de l’eau qui remplit un premier cube avant de passer au second, qui se remplit à son tour, alors que l’eau passe déjà au cube suivant, et ainsi de suite. Je sens que des cubes se sont remplis avant de déborder dans le mien, et c’est cette sensation qui me donne l’impression de faire partie de quelque chose de grand. Mais je sens aussi que tous les Renards ronchons et ceux qui s’amusent de mon état d’esprit sont coincés dans des cubes encore fort secs et que c’est en faisant confiance au temps, aux technologies et au pouvoir des belles histoires que l’eau finira par percoler jusqu’à eux.

Je peux avoir envie d’en faire des tonnes mais ça n’accélérera pas le processus. Alors je découpe l’éléphant en carpaccio, je m’attaque à changer mes habitudes, une par une, en gardant en tête que le seul moyen de les implémenter vraiment et durablement est de croire en ce que je fais et au dessein global dans lequel elles s’insèrent.

 

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