La touriste exposée, face à ses objectifs

Il fait nuit, j’ai faim, le petit bonhomme sent-bon se dandine de gauche à droite sous le rétroviseur. Je rentre de ma première exposition photo, la tête remplie de tellement de choses que je me dis qu’elles méritent bien un article.

Il y a d’abord eu ce film documentaire sur la vie et l’oeuvre du photographe Sebastiao Salgado, Le Sel de la Terre. La semaine commençait bien, avec une belle découverte, celle d’une passion et d’un amour pour l’Homme et la vie. Un film qui dresse ce tableau tellement noir d’une race humaine si nuisible mais transmet si bien la beauté de la terre qui l’abrite.

Ensuite, la conférence avec ce Monsieur. Xavier Zimbardo. Un grand zozo complètement allumé. Il est ambitieux et veut nous montrer 400 images en 1h30. L’intro durera finalement 1h30. Il n’arrivera pas au bout de toutes les images mais aura réussi à transmettre sa vision de la photographie et ses valeurs: « la beauté, la bonté, la justice et la vérité ». Une oeuvre et un travail fabuleux à découvrir. Puis un regard expérimenté qui se pose sur mes images et les commente. Feedback is gold.

Puis vient l’heure de la mise sous cadre, de la suspension des cadres, Ca y est. Un dodo et ça commence pour de vrai. Des visiteurs, des photographes, de nombreux curieux vont ranimer mon goût pour la photo.

« Vivre l’après-cancer » – Travail exposé aux Rencontres photographiques de Waremme grâce à Aris S. Koudaya. Merci à lui.

 

– « Tu fais de la photo depuis combien de temps? »
– « À vrai dire, je ne fais pas de photo, le travail exposé est en fait un travail que j’ai fait à l’école il y a quatre ans. »

Je ne suis pas stressée. Je me sens comme une touriste parmi tous ces passionnés. Mais ils m’ont fait une place donc je me dis que je n’y suis pas pour rien. Toute la journée, j’observe les visiteurs observer mes images. Je perçois leurs mimiques et surprends quelques conversations. Je me demande si j’aimerais au fond faire de la photo ma passion à moi aussi. Tout ce que je découvre m’en donne l’envie.

Sur ces questionnements, la journée s’achève, le public déserte a salle. C’est l’heure du démontage. Une question va alors m’être posée par un grand sage qui va m’éclairer sur  mon envie de faire de la photo. C’est en écrivant et en préparant la chute de cet article que je me rends compte que j’aurais du le remercier mille fois de m’avoir demandé:

« Qu’est-ce que tu as envie de faire en photo? »

Prise au dépourvu, je n’ose pas lui dire que je ne sais pas si je veux en faire, au fond. Je suis presque désolée de ne pas partager sa passion. Puis une phrase sort de ma bouche, presqu’inconsciemment et apporte toutes les réponses.

« Je veux que mes photos racontent des histoires »

Voilà pourquoi je ne suis pas passionnée de photo plus que d’écriture, que de jeux de société, que d’enregistrements sonores ou de dessin. C’est que tout ça, en fin de compte, ce ne sont que des moyens de faire ce qui m’anime: raconter des histoires.

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