Bouge ton web! Tu piges?

13 mai 2013, une grande date! Remise d’un mémoire de longue haleine. “L’information locale est-elle gage de pérennité financière pour les sites d’information?” que ça s’appelle. C’était du boulot, ça a été salué de belles critiques, d’une grande distinction et suivi d’un débat des plus intéressants lors de la défense. Ca, c’était l’école.

Après ça, le grand saut. 

Le CDD temps plein de 3 + 6 + 6 + 5 ans prenait fin. “Bienvenue dans le monde du travail” dirait de sa grosse voix l’archétype du bûcheron emballé dans sa chemise à carreaux rouge. (Et en pilou, s’il vous plaît!). Comme au Monopoly on reçoit des sous sur la case départ, on pouvait pas faire pareil dans la vraie vie. Ben non, vas-y, achète un nouvel essuie-glace, remplace tes pneus, paie ton assurance, démerde toi, l’argent de poche c’est fini, refais-toi une tête, plus d’excuses-de-nuits-en-régie-à-l’ihecs. Bref, quand ton compte est à zéro, tu as le droit de commencer la partie. Case chance! Rends-toi au Forem, tu sais faire un CV, une lettre de motivation, tu parles néerlandais, tu as fais un erasmus ils sont fiers de toi. Case malchance! Ils ne peuvent rien pour toi. Tu ne trouveras aucune offre sur leur site, tu dois t’en sortir seule… Avant de lancer le prochain dé, tu te rappelles des intervenants qui sont venus égayer (ou non) tes journées ihecsiennes. Ceux qui t’ont dit, dit et répété: “C’est dur, j’ai galéré pendant plusieurs années pour gagner des clopinettes”. Tu te dis, “des clopinettes, c’est mieux que rien” puis tu lances vite le dé pour ne pas trop penser à ta condition. Tu prends une pause, deux semaines en Islande, tu uses tes dernières couronnes islandaises mais tu en prends plein la vue.

Puis tu piges. Hasta la vista! Tu fais des piges et tu comprends que ça va pas faire remonter de beaucoup ton compte. Tu profites un peu du système, avant de ne plus pouvoir et pour être parmi ceux qui profitent plutôt que du côté de ceux qui rouspètent sur les autres susmentionnés. Donc tu bosses comme étudiante. T’es pas taxée, la grande classe! Le 28 septembre est la date limite, la toute toute toute limite. Donc le 28, tu remets ton tablier et promets de revenir faire un coucou au magasin avec un ballotin de pralines. Ton énième grand saut est enfin un vrai grand saut! Vas-y, cherche, cherche, et Céline Dion dirait: “cherche encore ♪”. Bon. Soit. Fini les devoirs, les examens, les travaux pratiques. T’es formée pour un métier. Moins pour la recherche. Qu’à cela ne tienne! Un CV par-ci, un lettre de motivation réellement motivée, illuminée d’espoir et engourdie par la naïveté par-là. Tu n’as jamais autant fouillé le web. Enfin, si, mais la masterclass de Davanac, c’est hors sujet, pour l’heure. Bref, tu ouvres tes yeux, tes oreilles, tes comptes sur les réseaux sociaux et agences en tous genres. Puis tu essaies de ne pas te sentir coupable de regarder The Newsroom en pleine journée quand toute ta petite maisonnée et au travail ou à l’école. Ou tu fais du bricolage avec ton amoureux qui fouille lui aussi le web, sauf quand il bricole, of course. Ha oui, tu piges, n’oublies pas de piger. C’est administrativement compliqué à mettre en place. À côté de ça, l’attestation d’inscription à l’école pour la SNCB te semble un jeu d’enfant. Donc voilà, un jour, en octobre, tu es fin prête à vivre ton rêve. Tu fais des reportages et tu es payée pour! Bon, c’est pas régulier et il te faut deux articles pour un essuie-glace, sept pour deux nouveaux pneus et, pour l’assurance, c’est mieux de pas compter. Donc voilà, tu souris, tu es Journaliste. Tu comprends pourquoi on t’a prédit un avenir d’alcolo. Quand t’es en conférence de presse, tu bois du vin, à un spectacle, tu bois une bière, à la maison, tu prends l’apéro. Aïe.

Tu cherches un job mais aussi une conclusion pour ce post, une chute, un truc qui tient en haleine comme à la fin d’un épisode de Once Upon A Time. Et bien, je vais te dire un secret. Tous les matins, je m’étouffe presque dans mes cornflakes, tellement j’ai une montée d’adrénaline en ouvrant ma boîte mail. Je croise mes doigts, mes orteils, mes jambes, je les pose sur du bois et j’évite de regarder mon chat. Là, je suis dans le même état que quand l’épisode es fini. Suspense. Puis Bouf! Nada Niks Que dalle Rien Nothing. Mais comme on garde bon espoir, on reste actif, on lit des articles sur le web, on fait de l’intendance au CaféNumérique et on vient réalimenter ce blog un peu (beaucoup) délaissé depuis des mois!

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